Le 31 août 2021, lors d’une soirée exceptionnelle, le Club Chais d’œuvre a pu vous faire découvrir la gamme des vins Vega Sicilia en présence de son Directeur Général, Antonio Menéndez. Il a accepté de répondre à nos questions et nous en a dit plus sur son parcours professionnel, les vins de légende de Vega Sicilia et quelques anecdotes !

Antonio Menéndez

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de Vega Sicilia ?

Vega Sicilia a été fondée il y a presque 155 ans, en 1864, par un citoyen basque, Eloy Lecanda, originaire du nord de l’Espagne. Il a fondé Vega à Valladolid, où elle se trouve actuellement, et à ce moment-là, c’était un endroit où personne n’avait cultivé de raisins. Il a été propriétaire de la cave pendant environ quarante ans, jusqu’au début du siècle dernier, lorsque la cave a été vendue à la famille Herrero, qui était essentiellement des banquiers des environs de Valladolid. Ils sont restés propriétaires de la cave jusque dans les années 1950, date à laquelle la cave a été vendue à un groupe industriel. En 1962, la cave est cédée à un homme du Venezuela. C’est la date la plus ancienne dans l’histoire de Vega Sicilia où l’entreprise n’appartenait pas à une famille ou à une personne espagnole. Il en a été le propriétaire pendant 20 ans, jusqu’en 1982, dernière vente de l’histoire de Vega. La famille Alvarez, les propriétaires actuels, ont acheté Vega Sicilia. Ils avaient acheté une cave, qui produisait trois vins, Unico, Valbuena et Reserva Especial. L’envie d’agrandir le domaine se fît ressentir et en 1991, ils ont fondé Alión, dans la Ribera del Duero, à seulement 13 kilomètres à l’est de Vega Sicilia. En 1994, la famille se rend en Hongrie, dans la région de Tokaji, et y fonde Oremus. En 2001, ils ont créé Pintia à Toro, première production extérieure à la région espagnole de Ribeira del Duero. En 2009, la Bodega Vega Sicilia crée un vignoble dans la Rioja appelé Macán. C’est un domaine qu’ils possédent avec la famille Rothschild, et c’est le seul vin du groupe qui n’appartient pas à 100% à Vega Sicilia.

Vega Sicilia a aussi un nouveau projet, qui arrivera bientôt… une 6ème cave pourrait ouvrir très bientôt, mais Antonio Menéndez ne peut rien nous dire de plus.

À propos de votre cuvée Oremus… pourquoi avoir choisi la Hongrie et la région de Tokaji pour étendre le groupe ?

C’était en 1993, nous avons eu de la chance, car l’un des membres de la famille Alvarez a lu un article dans un journal d’une entreprise russe : le nouveau gouvernement vendait une propriété qui appartenait à l’état. La famille Alvarez connaissait déjà le prestige de la région de Tokaji et le mythe lié à ces vins. La famille Alvarez a acheté 110 hectares avec 6km de cave souterraine contenant du vin. A l’origine, cette cave en sous-sol s’étalait sur 40 kilomètres à Tokaji, mais le gouvernement russe décida de la diviser en petites portions. C’est pourquoi nous avons eu Oremus sur 6km. Oremus a donc commencé en 1993 mais nous avons aussi des bouteilles datant de 1920 ! Oremus est un investissement très intéressant car c’est le seul vin blanc de notre gamme.

Site : Tempos Vega Sicilia

 

Est-ce que vous vous souvenez de votre première gorgée de Vega Sicilia ?

Oui, je m’en souviens, c’était avec mes parents, à la maison, j’avais probablement 16 ans ou 17 ans, à un évènement familial. Il me semble que c’était à la veille de Noel. Il s’agissait de Valbuena 5°.

Vous avez encore un joli souvenir de ça ?

Oui, car dans ma famille c’est sacré, mon père est un amoureux du vin, donc nous avons toujours pu découvrir de belles bouteilles  !

Comment pouvez-vous expliquer que la marque Vega Sicilia soit devenue un si gros phénomène mondial ?

C’est essentiellement dû à 3 caractéristiques très importantes du vin.

La première caractéristique est le style. Avec Vega Sicilia, il y a de la puissance mais le vin reste très élégant. C’est pourquoi nous faisons vieillir le vin si longtemps, Unico part sur le marché après 10 ans, Valbuena après 5 ans, Reserva Special est un mélange de 3 vendanges d’Unico pour atteindre un âge de 30/40 ans. Toutes ces choses dans le processus de création du vin et la passion que nous y mettons, donnent cette élégance qui est vraiment reconnaissable. Vega Sicilia, c’est un vin très classique, mais avec de la puissance et une très forte personnalité. Ça se sent lors de la dégustation, les vins sont tellement différents mais tellement appréciés par les connaisseurs.

Ensuite la régularité dans chaque millésime des vins de Vega Sicilia. Nous faisons attention à la production : dans le cas où nous avons une vendange parfaite, tout est parfait, le vin est parfait, nous ne produisons que 11000 bouteilles d’Unico, c’est le maximum. Mais si la qualité de la production est moins bonne, nous ne commercialisons pas les bouteilles sur le marché car nous ne pouvons pas garantir la qualité. Par exemple, les millésimes Unico 2001, Unico 1992, Unico 1993, Unico 1997 ne sont pas apparus sur le marché. Quand vous êtes un collectionneur et que vous dépensez beaucoup d’argent pour acheter du vin, quand vous achetez Vega Sicilia, vous devez être absolument certain que le vin sera parfait, au regard de son millésime. La régularité dans la qualité du vin est un point non négociable chez Vega Sicilia.

Enfin, le potentiel de garde ! Unico est un vin qui peut se conserver 50 ans pour atteindre son apogée, son plus haut potentiel, le moment où le vin sera parfait. Par exemple, en ce moment, les cuvées Unico des années 1960 et 1970 sont fantastiques. Vous pouvez l’acheter pour le boire ou bien pour le garder. Mais il faut résister à la tentation !

Quelle est votre vision pour le futur de Vega Sicilia ?

Nous devons continuer à évoluer et à innover. Nous avons aujourd’hui un très bon positionnement sur le marché, la marque est très reconnue, très forte. Et les valeurs de la marque sont également très parlantes pour nos consommateurs.  Mais nous devons continuer à évoluer car le marché bouge très vite. Tout le monde en sait plus sur le vin, les vins sont meilleurs, donc si vous ne bougez pas, si vous n’évoluez pas, si vous n’essayez pas, votre capacité est réduite et vous perdez votre avance. Nous avons tous en tête des domaines qui étaient super avant et qui maintenant ne sont plus autant reconnus, pour leurs valeurs comme pour leurs vins. C’est la façon dont je vois l’avenir pour Vega Sicilia, et c’est ce que nous essayons de faire : continuer d’évoluer, continuer d’avancer. Nous mettons en œuvre tous les moyens possibles pour continuer de progresser.

En parlant d’évoluer, quand allez-vous nous dévoiler votre nouveau projet ?

Il arrivera en début d’année prochaine !

Quelle est votre histoire personnelle avec Vega Sicilia ?

J’ai rejoint l’entreprise en mars 2015 et j’ai commencé à travailler en tant que Directeur des ventes et du marketing. J’ai été promu en 2018 au poste de Directeur Général. Je me sens très chanceux de travailler pour Vega Sicilia grâce à la marque, l’entreprise, le produit et j’aime mon travail. Je voyage beaucoup, une centaine de jours par an et c’est vraiment un privilège. Mon travail au sein de Vega Sicilia a été ma première expérience dans le business du vin. En réalité, j’ai été engagé par la famille Alvarez car je n’avais aucune expérience dans l’industrie viti-vinicole. Il cherchait quelqu’un hors du secteur. Par exemple, la France est le pays du vin, c’est le pays où le commerce de vin est censé être le plus développé. J’ai pu travailler chez Pepsi Co., chez L’Oréal, chez Paramount, j’ai vu les possibilités de développement que l’on pouvait apporter au secteur du vin. Probablement jusqu’à la fin des années 2000, l’industrie du vin était dirigée par les vignerons, en Bourgogne, c’est encore un peu le cas. Je pense qu’en Espagne, pour faire progresser le marché du vin, il est temps que des gens d’autres secteurs s’imposent pour apporter une vision différente, un œil extérieur.

Quels accords mets & vins nous conseillerez-vous avec un vin Vega Sicilia ?

Je ne suis pas vraiment un inconditionnel des accords mets & vins mais si je devais choisir quelque chose, ça va peut-être un peu bizarre, mais je sélectionnerai Reserva Special ou Unico avec du fromage. Un fromage fort, assez amer avec un vin à l’acidité douce. Par exemple, je dirais Reserva Special avec du comté. Mais honnêtement, si le vin est bon et que la nourriture est bonne, je n’ai pas besoin d’accords mets & vins spéciaux.

Photo : Soirée Vega Sicilia du 31/08/21

Quel vin français est votre préféré ?

J’aime beaucoup certains vins blancs de Bourgogne, comme ceux de Ramonet. En vin rouge, j’aime beaucoup Cheval Blanc à Bordeaux et les vins de Léoville Las Case qui sont un excellent rapport prix-plaisir !

Avez-vous un endroit spécial où vous aimez dîner ?

Je vous conseillerai Etxebarri à Bilbao, le cuisinier fait tout sur un grill ! Le restaurant n’a qu’une seule étoile mais le chef est un génie. A New York, je vous conseillerai Maria, c’est un restaurant italien. Il y a aussi Les Bernadins, un restaurant français très agréable, les deux sont proches de Central Park.

Etxebarri par Foodle.com

Pour conclure, que cuisineriez-vous si vous invitiez des amis ?

Pour commencer, je leur servirai forcément du vin de Vega Sicilia ! Pour les mets, je choisirai certainement du fromage, de l’omelette espagnole que l’on appelle aussi tortilla, et puis des tapas.

Nous espérons que cette interview vous aura plus ! N’hésitez pas à consulter notre article dédié à la soirée et sur les autres soirées proposées par Chais d’œuvre.

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